CARTE SCOLAIRE & SUITE DE LA BATAILLE Futures coupes sur les postes : changement de méthode !

CARTE SCOLAIRE & SUITE DE LA BATAILLE Futures coupes sur les postes : changement de méthode !

Mardi 21 avril, les organisations syndicales de l’Éducation nationale étaient invitées à participer à un atelier « prospectif » concernant la « Baisse démographique et l’anticipation des évolutions de l’offre scolaire. ». La FNEC FP-FO a décliné l’invitation.

Le premier bilan de cet atelier ne peut que confirmer le bien-fondé de cette décision. En effet au lendemain de cette réunion, le ministère a renvoyé ses prévisions démographiques (1 677 000 élèves en moins entre 2025 et 2035 – soit une baisse de 14,2 % – dont 933 000 dans le premier degré et 744 000 dans le second degré) accompagnées d’un communiqué annonçant une expérimentation pour l’élaboration future de la carte scolaire.

Dans notre académie, les départements des Côte d’Armor et du Finistère sont concernés.

« L’expérimentation repose sur un changement de méthode. À partir d’une projection démographique pluriannuelle, les acteurs de ces territoires travailleront ensemble leur carte scolaire au regard de différents critères […] ». C’est à partir de ce travail que sera ensuite déduit un schéma d’emploi cohérent, qui sera présenté en loi de finances.

Pour Édouard Geffray, « Nous inversons la logique en partant du terrain et des réalités démographiques et géographiques de chaque territoire, pour construire ensuite le futur schéma d’emploi local. Cette nouvelle approche replace pleinement l’École au cœur des enjeux d’aménagement du territoire, avec une vision à long terme. »

Pour le SNUDI FO 29, il s’agit plutôt, dans une logique de co-gestion, de faire participer les organisations syndicales à l’élaboration de la carte scolaire en les impliquant dans la répartition des suppressions de postes, et en les rendant partiellement responsables de cette carte scolaire.

C’est la fabrique du consentement. Nous nous y refusons et nous poursuivrons en toute indépendance la lutte contre les suppressions de postes sur notre strict terrain syndical.

Dans le 56, le DASEN a parlé de cette expérimentation dans les instances, expérimentation qui, selon lui, serait généralisée à l’horizon 2030. Les organisations syndicales ont alors appris qu’il s’agirait de rassemblements de communes dans le 1er degré ou des rassemblements école/collège ou collège/lycée, comme cela se fait dans le privé. C’est inacceptable !

L’académie de Rennes paie déjà un tribut particulièrement lourd pour la rentrée 2026, et figure parmi les cinq académies les plus impactées de France, la 2ème pour les professeurs du 2nd degré.

Le SNUDI FO 29 continue de soutenir les établissements encore mobilisés contre les suppressions de poste et les fermetures de classe programmées pour la rentrée prochaine.

Comme nous nous opposerons à la mise en place de cette nouvelle expérimentation, qui se fera encore une fois au mépris du droit et des personnels, et qui participera à dégrader toujours plus les conditions de travail des personnels et des élèves.                                      

Le ministre de l’Education nationale annonce mettre en place « une expérimentation inédite de construction de la carte scolaire dans 18 départements *.»

Cette information est publiée alors que personnels, parents d’élèves et élus locaux continuent de s’opposer aux fermetures de classes et aux pertes d’heures – conséquence des 4 000 suppressions de postes du budget Macron-Lecornu – par des manifestations, blocages d’école, grèves, pétitions… Ces suppressions de postes permettent notamment au gouvernement d’augmenter le budget militaire, une rallonge de 36 milliards étant encore prévue par la loi de programmation militaire qui sera examinée la semaine du 4 mai à l’Assemblée nationale.

Cette annonce fait suite au premier atelier « prospectif » concernant la « baisse démographique et l’anticipation des évolutions de l’offre scolaire » auquel la FNEC FP-FO a refusé de participer et dont elle a proposé le boycott aux autres organisations syndicales.

Pour FO, baisse démographique ou pas, l’urgence est de baisser significativement les effectifs par classe et de créer les milliers de postes qui font défaut aujourd’hui !

Le communiqué de presse du ministère précise : « L’expérimentation repose sur un changement de méthode. À partir d’une projection démographique pluriannuelle, les acteurs de ces territoires travailleront ensemble leur carte scolaire au regard de différents critères, notamment les effectifs attendus et les contraintes de transport propres à chacun. C’est à partir de ce travail que sera ensuite déduit un schéma d’emploi cohérent, qui sera présenté en loi de finances. »

Face à la résistance qui s’exprime de manière plus acharnée chaque année face aux fermetures de classes, le ministère voudrait associer les élus locaux et les syndicats aux futures suppressions de postes. Il voudrait les associer à la mise en place des budgets de guerre et d’austérité qui sacrifient l’Ecole publique à la dépense militaire.

Cette méthode s’inscrit dans la logique du protocole d’accord signé en avril 2025 entre le ministère de l’Éducation nationale et l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité et de la mise en place des observatoires des dynamiques rurales et territoriales », désormais étendus à l’ensemble du territoire national (BO de janvier 2026).

La FNEC FP-FO n’a pas décidé d’acter le budget d’austérité 2026.
FO ne participera pas non plus à la planification des suppressions de postes dans un cadre territorialisé.

Elle appelle les personnels à poursuivre les mobilisations avec les parents et les élus :
Annulation de toutes les suppressions de postes et création de tous les postes statutaires nécessaires !
Création de tous les postes spécialisés et de remplaçants à hauteur des besoins !
Création des places nécessaires dans les établissements sociaux et médico-sociaux !

*Sont concernés l’Aisne, les Hautes-Alpes, le Cantal, la Charente, les Côtes-d’Armor, le Doubs, la Drôme, le Finistère, la Gironde, l’Indre, la Loire-Atlantique, la Manche, la Meurthe-et-Moselle, le Pas-de-Calais, la Saône-et-Loire, les Yvelines, le Tarn-et-Garonne et la Martinique.