Non à la fermeture de l’école de Kérandon de Concarneau

« Entériner une décision avant les élections » : l’intersyndicale dit “non” à la fermeture de l’école de Kerandon à Concarneau

Par Jean-François Berteau

Le 25 janvier 2026 à 11h50

Quatre jours après la réunion convoquée par le maire de Concarneau pour « que tous les acteurs disposent du même niveau d’information », les syndicats réclament la suspension de la fermeture annoncée de l’école de Kerandon et conteste les arguments de la mairie et de la Dasen.

Dans un communiqué, l’intersyndicale apporte son soutien aux personnels, aux parents d’élèves et aux élus qui se battent pour défendre un service public de proximité et de qualité. (Archives Le Télégramme)

Suite de la réunion organisée le 20 janvier par Marc Bigot, visant à faire le point sur l’avenir de l’école de Kerandon, l’intersyndicale (CNT, CFDT EFRP, CGT educ’action 29, FNEC FP FO 29, SNUIPP FSU 29, SUD éducation 29) réaffirme, ce samedi 24 janvier son opposition totale à la fermeture de l’établissement.

Autour de la table mardi, la directrice académique Catherine Moalic, directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), avait rappelé la chute des effectifs : « En 14 ans, l’école a perdu plus de 50 % de ses effectifs » et « 68 % des familles du quartier ne scolarisent plus leurs enfants dans cette école ».

Ce samedi 24 janvier, l’intersyndicale affirme que la Dsden (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale) « s’empresse d’entériner une décision municipale avant les élections » et y voit surtout la volonté « d’économiser des postes ». Les syndicats rappellent aussi que, depuis l’annonce de fermeture, « plusieurs réunions se sont succédé », mais qu’une seule instance a réuni toute la communauté éducative en novembre « qui a voté contre ce projet ».

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Amiante : « reconstruire » plutôt que fermer

Le maire avait décrit, mardi 20 janvier, un préfabriqué « datant de 1972 » avec « de l’amiante partout ». Sans nier sa présence, l’intersyndicale rappelle que l’amiante concerne « de nombreux établissements » et plaide pour une autre voie : « Si la mairie évoque le projet de construire un centre de loisirs, il est tout aussi possible d’y construire une nouvelle école. »

Effectifs, classes multi-niveaux et épuisement

La Dsden avait pointé des « difficultés à faire réussir les élèves » avec deux classes multi-niveaux, une filière bilingue « qui s’essouffle » et un essoufflement des enseignants. Pour l’intersyndicale, ces arguments sont « biaisés » : les classes multi-niveaux sont fréquentes dans le département et peuvent être « un atout pédagogique » si les effectifs sont adaptés. Concernant les professeurs : « Si la situation peut être vécue difficilement pour certains, d’autres y voient une chance de travailler à proximité du Rased, dans des locaux spacieux et à proximité d’un bois que les équipes ne retrouveront pas ailleurs. »

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Une carte scolaire et une nouvelle école

En fin de réunion, l’élue concarnoise, Élisabeth Janvier, regrettait le manque « de réponses claires ». Les syndicats réclament désormais la mise en place d’une carte scolaire permettant une réelle mixité sociale et l’adoption d’un budget pour construire une nouvelle école à Kerandon et rénover le bâti des autres écoles concarnoises. « Des sous, il y en a, et il en faut pour l’école publique ! », conclut-elle.